saison violente

Nombre de pages : 181, 3 parties.

Résumé :

A Oran, en 1927, une jeune veuve travaille durement pour élever son fils de treize ans. Ce dernier vénère la mémoire de ce père qu'il n'a pas connu mais qui a laissé à ses amis un vivant souvenir. Lorsque la mère parler de se remarier, le garçon se révolte et refuse un projet qui, à ses yeux est une trahison envers le disparu. Commence alors entre ces deux êtres un conflit marqué cependant par le sourire de la jolie Véronique et les ardeurs d'un violent soleil d'été.

Les personnages :

Les deux personnages principaux ne sont pas nommés.

Le fils : Il a treize ans, son père est mort trois mois avant sa naissance, il est possessif vis à vis de sa mère aussi, quand celle-ci lui apprend qu'elle va se remarier, il se renferme: Je ne savais rien de cet homme et tout mon être le refusait d'un bloc, avec une ardeur presque sacrée. Cependant, toutes mes pensées ne cessaient de tourner autour de lui comme un vol de petits rapaces, cruels, batailleurs, prêts à l'attaque!" p 21. Il aime la liberté et se montrer courageux pour honorer la mémoire de son père.
La mère : elle est blanchisseuse et veuve depuis que son fils est né. Elle sait parler espagnol et parle mal français, elle sait "tout juste lire et écrire" p 27, "le français dont elle usait était impur". Elle a passé sa jeunesse dans un couvent de Sidi-Bel-Abbès et a failli rentrer dans les ordres. Elle est "timide", elle "démont[e] facilement", elle est également très "croyante".
Alfred Mansaro, dit Fred : il fait parti de la bande de copains qui du héros. Il sort pieds-nus, il a un crâne tondu ras avec une courte frange sur le front, c'est un chef de bande qui sait motiver ses troupes. Il est "généreux" et "imaginatif".
Le père : on ne le rencontre que par les pensées du jeune homme et par les souvenirs de ses amis: "Je voyais là un homme jeune, à l'oeil gris, au menton énergique, la bouche railleuse, avec dans le regard une expression assez agressive qui me plaisait." Il s'appelait Manuel, il était blond. Il est mort au Maroc à Casablanca à la suite d'une épidémie de typhus.
Le curé: il a trente-cinq ans, une grande barbe, c'est "un homme au parler franc, avec un sens aigu de la justice.".

Les lieux :

Le récit se passe dans la ville d'Oran. Le narrateur nous fait visiter la ville au gré de ses promenades avec sa bande d'amis, tant sur le bord de mer que dans le plein centre de la ville. On découvre également des lieux plus insolites comme l'épave du bateau que les enfants vont visiter au lieu d'aller au patronage.

Le temps :

L'histoire se passe en 1927, le récit commence en été et se poursuit en automne et en hiver. Nous découvrons ainsi les différents aspects de la ville selon les saisons.

Un récit autobiographique :

De nombreux indices, tout au long du livre, nous font penser à un récit autobiographique, en voici certains :
L'histoire se déroule à Oran en 1927, alors que le narrateur a treize ans : si Emmanuel Robles est né en 1914, (attention les maths!) il a donc treize ans en 1927, comme le narrateur, il se peut donc que ce soit de sa propre enfance que l'auteur parle ici.
La mère du garçon est blanchisseuse comme la mère d'Emmanuel Robles.
La vie de ce jeune garçon fait penser à la vie de tous les jeunes de cette époque à Oran: sorties avec les copains, patronage pendant es vacances...
Le père d'Emmanuel Robles est également mort avant sa naissance, il a été élevé par des femmes.

Le rapport au père disparu :

C'est une relation très forte qui unit le fils au souvenir de son père : au moment de l'adolescence, le fils essaie de se trouver une identité dans le souvenir de son père, c'est pourquoi il aime beaucoup interroger les gens qui l'ont connu, il veut lui ressembler à tout prix, et cela conditionne même les actions de sa vie : "en l'écoutant, je me disais que mon père aurait aimé me voir participer à cette affaire, convaincu que j'étais de son audace, de son esprit d'aventure, de sa passion pour la justice. Sa mort, peu de temps avant ma naissance, m'obsédait comme si quelque relais de ma vie s'était rompu et en faussait le sens ", p 26. Il se définit par rapport à son père et ne cherche pas à se forger sa propre identité. Cette admiration et la force de ces souvenirs le pousse à considérer le remariage de sa mère comme une "trahison à sa mémoire" p 34. Le souvenir de son père est pour lui "sa seule défense contre l'abandon, le découragement, le naufrage définitif" p 52.