l'herbe des ruines


Nombre de pages : 187, 2 parties.

Résumé de l'histoire :

Le lieutenant Weller arrive dans sa ville natale ravagée. par les bombardements, il est en permission pour un mois et décide d'essayer de retrouver les membres de sa famille qu'il présume encore vivants. Il rencontre Ilona, victime d'une rafle des guerriers noirs pour le "repos des guerriers" à l'arrière des lignes, et Flora Halmarer, comédienne qui s'est réfugiée dans la partie préservée de son théâtre en ruines. Il les aimera toutes deux et, de retour au front, vivra de leurs lettres jusqu'à ce que son destin le mène à cette heure étrange et rédemptrice où l'univers semble sortir des abîmes pour le premier matin du monde.

Les personnages :

Le lieutenant Weller : c'est le personnage principal de l'histoire, mais aussi le narrateur. On n'apprend son nom qu'à la page 30. Il a été mobilisé sur le front et a obtenu une permission d'un mois dans sa ville natale. On apprend que Weller n'aime pas le dictateur qui gouverne son pays : "ce visage répugnant" et "des yeux ronds et gris comme ceux des caïmans au raz d'un marécage. Tant d'ambition, de cruauté, de cynisme aboutissaient à des villes ravagées comme celle-ci et à des milliers d'infortunes." p 23. Weller a un père, une mère et une soeur nommée Jullia. Il est rentré dans sa ville natale pour tenter de les retrouver, mais perd peu à peu espoir en voyant toutes ces ruines autour de lui. Weller a fait des études de droit, il a "les yeux sombres, le visage émacié" et les cheveux à peine moins ras que ceux d'Ilona" p 37.

Flora Halmarer : actrice de théâtre, elle a obtenu la direction du théâtre de la ville et y est resté après les bombardements avec l'ancien régisseur pour veiller sur les collections et les richesses du théâtre. c'est une "femme jeune" p 38, elle a "le visage clair, légèrement maquillé, les cheveux en deux bandeaux." Elle a des "mains d'un dessin admirable", "un visage si pur" et de "magnifiques yeux bleus" p38-39, elle "abordait la quarantaine", et une "voix agréablement timbrée" p 41. Elle est opposée au régime, c'est la raison pour laquelle elle ne retourne pas dans la capitale (p 41). Elle aime porter des costumes de théâtre le soir pour se remémorer ses rôles : "L'univers du théâtre masquait souvent à ses yeux, comme un épais rideau de scène, les évènements dramatiques qui nous pressaient."p 81.

Ilona : elle a été victime d'une rafle des soldats noirs pour "le repos des guerriers". Elle a un "crâne tondu ras au dessus d'un visage plutôt délicat, avec des yeux larges, un regard assuré", "corps svelte et gorge menue".

Le régisseur : il est chargé de veiller sur le théâtre et les trésors qu'il abrite, ainsi que sur Flora. Après quelques réticences, il finit par accepter la présence du lieutenant Weller. Il a "des yeux clairs et luisants [qui] rappelaient l'intérieur nacré de certains coquillages et sur sa lèvre mince sa moustache aux poils rares et aciculaires était dominée par un nez légèrement épaté.", "c'était un personnage peu loquace". Il a un "dévouement canin pour la belle Fiora" p 48.

Les lieux :

Bien que le début de l'histoire soit entouré de mystère, l'auteur a semé de petits indices qui nous donnent l'intuition que l'histoire se passe en Allemagne : nous apprenons ainsi que l'action se situe dans la "deuxième ville du pays", et que cette ville est située à 15 km du village de Kersen. Nous apprenons également que le pays dans lequel se déroule l'action est dirigé par un "dictateur" p 17, que ce dictateur s'est baptisé "chef de la nation". Ce n'est qu'en lisant la couverture arrière du livre que l'on apprend le nom exact de la ville servant de décor au récit : Pforzheim.

Le temps :

L'histoire se passe pendant la guerre, mais on ne sait pas de quelle guerre il s'agit, on sait juste que l'histoire se passe " en mars". Le lecteur peut deviner le lieu et le temps à l'aide des indications historiques et militaires, mais les lieux et temps précis ne sont donnés qu'en couverture arrière du livre : l'histoire se passe dans la ville de Pforzheim, dans le Wurtemberg. Cette ville a été détruite fin 1945 par les bombardements alliés de la seconde guerre mondiale. Ville horlogère, Pforzheim fabriquait des instruments de bord pour la Luftwaffe.

Le thème de la dualité :

Tout au long du roman, le lecteur est constamment renvoyé à des sentiments divers : amour pour Ilona, puis amour pour Fiora dans le paragraphe suivant, amour pour les deux femmes, mais haine pour la dictature, alternance de moments d'émerveillement quand le narrateur admire les richesses du théâtre et de moments de tristesse et de désolation quand il est frappé par l'aspect fantomatique de la ville en ruine.
La focalisation interne, et le fait que le lecteur connaît tous les sentiments du narrateur renforce cette dualité et accentue les sentiments antinomiques.

La condition de la femme dans le roman : (avis personnel)

Il faut bien le dire, les portraits de femmes dressés par Emmanuel Robles dans ses romans ne sont guère flatteurs ! : il a beau essayer de donner un semblant de fond intérieur à ces femmes, les conversations entre le héros et ses compagnes de roman se terminent toujours............................................!!!! :o)
Les femmes semblent être vues comme des êtres hypersensibles qui ne sont là que pour empêcher l'homme de partir à la guerre : combien de fois Fiora a t'elle supplié Weller de ne pas repartir au combat et de rester caché avec elle? Les femmes semblent être perdues dans leurs rêveries, prisonnières de leur imagination débordante et de leur subjectivité, et être totalement déconnectées de la réalité de la guerre et des combats.
Elles semblent parfois apporter la douceur nécessaire à ces héros endurcis par la barbarie de la guerre : ah, une maison, un foyer et ma petite femme qui m'attend au coin du feu après une longue et pénible journée de travail acharné!!! ;o)